« L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie » Rousseau

La citation dans son contexte

Véritable exhortation à la vie, cette citation de Rousseau s’inscrit dans son traité d’éducation sur l’art de former les hommes en devenir et d’accompagner le développement de l’enfant.

« Vous avez beau prendre des précautions pour qu’il ne meure pas, il faudra pourtant qu’il meure ; et, quand sa mort ne serait pas l’ouvrage de vos soins, encore seraient-ils mal entendus. Il s’agit moins de l’empêcher de mourir que de le faire vivre. Vivre, ce n’est pas respirer, c’est agir ; c’est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes, qui nous donnent le sentiment de notre existence. L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie. »

Jean-Jacques Rousseau – Emile ou De l’Education

Sentir la vie, Vivre, Belle vie

Les pistes de réflexion

Une ode à l’action

Avec cette diatribe contre l’immobilisme et cette vive dénonciation de la surprotection, de nos enfants mais aussi de nous-mêmes, cet extrait de l’Emile nous invite à un examen parfois difficile de notre propre existence.

Quel type de vie menons-nous ? Paisible ou effrénée ? En sommes-nous spectateur ou acteur ?

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Qu’est-ce que la vie ?

A travers cette affirmation, Rousseau soulève une interrogation fondamentale remettant en question la définition même de la vie. Car en somme, qu’est-ce que vivre ?

Selon le CNRTL, vivre signifie « être en vie ; présenter les caractères essentiels de la vie. », « exister ». Rien là d’aussi romanesque que ce que décrit le philosophe. La vie se résume-t-elle réellement à un fonctionnement suffisant de nos organes vitaux, se définit-elle simplement comme le contraire de la mort ? Vivre n’est-ce au fond qu’éviter de mourir ? N’est-ce véritablement que survivre ? Ou ce qui distingue l’un de l’autre n’est-ce pas finalement cette poussière d’étoiles qui nous fait revivre à nous-mêmes, sortir de notre léthargie et nous mouvoir, intensément, passionnément, à travers les émotions qui colorent l’existence ?


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Qu’est-ce qu’une belle vie ?

Si l’on vit véritablement en « sentant » la vie, sans doute faut-il s’interroger sur ce qui nous la rend « sensible ». Quelle est notre pincée de magie qui ajoute l’étincelle nécessaire pour glisser de la survie à la vie ?

Serait-ce une passion, sera-ce l’amour, la foi, l’amitié ? Serait-ce le sens que nous donnons à notre existence, le but après lequel nous courons ?

J’aime particulièrement cette réplique de la fin de l’Acte II Scène V de On ne badine pas avec l'amour, lorsque Perdican quitte Camille. Elle évoque pour moi toute la beauté de la vie, à travers ses joies et ses peines qui apportent davantage de saveur à chaque inspiration que nous prenons et qui nous font affirmer sans hésitation « Oui, je suis en vie ».

« J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

Alfred de Musset - On ne badine pas avec l'amour

Commentaires

  1. Iris, merci pour cette belle ode à la Vie ��
    Nous sommes acteurs de nos vies.
    Parfois on entend « c‘est la vie », « la vie est faite comme ça ».
    On a tendance à tout remettre sur la vie. Oui, mais nous en sommes responsable.
    Effectivement, il y a des facteurs externes qui peuvent chambouler (dans le bon come le mauvais) notre vie. Et oui à ce moment-là nous sommes spectateur, mais à nous d’agir et de monter sur scène et devenir acteur de notre vie !
    La Vie est un spectacle qui éveille des sentiments : « Elle évoque pour moi toute la beauté de la vie, à travers ses joies et ses peines ».

    La Vie est belle.

    Cogna

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